vendredi 18 août 2017

[Avis] Te laisser partir de Clare Mackintosh


*coup de cœur * <3

J’ai rarement lu de thriller qui me scotche autant de par les retournements de situations et les twists inattendus tout au long de ma lecture.
J’ai les nerfs encore à fleur de peau et les larmes aux yeux au moment où je vous écris mon avis.

Jacob un petit garçon de 5 ans se fait écraser par une voiture à Bristol, il est tué sur le coup et le chauffard en fuite.
Nous suivons l’enquête du capitaine Ray et de l’inspectrice Kate pour tenter de retrouver le meurtrier, ils n’ont aucune piste tandis que la mère de Jacob a préféré fuir, les gens n’ont pas été tendres avec elle, l’accusant de négligence.
Dans le même temps, nous suivons Jenna, elle décide de quitter Bristol, de ne laisser surtout aucune trace d’elle, elle veut habiter loin de la ville, loin de toute circulation
Elle trouve un cottage en Cornouailles, au bord de la falaise à Penfach.
Un village côtier très peu habité hormis pendant la saison touristique. 
Cela lui convient, personne ne la connaît, elle peut recommencer sa vie à zéro.
Là, Jenna fait la connaissance de Patrick, vétérinaire et sauveteur en mer et de Betham, la patronne du camping qui la prend un peu sous son aile.
Elle commence tout doucement à se laisser apprivoiser.
Elle ne possède rien hormis ce qu’elle avait dans son sac à son départ, son ordinateur, une boîte avec des souvenirs rien d’autre.

Je ne peux rien vous révéler de plus, car il faut vraiment laisser la surprise au lecteur. 
Ce livre est incroyable, je ne peux même pas vous dire quand j’ai été complètement scotchée la première fois sous peine de vous mettre la puce à l’oreille.

Sachez seulement que le meurtre de Jacob, la vie que Jenna mène quasi comme une ermite, sont liés.

Des personnages superbement construits surtout Jenna, puis Ian, Ray et Kate le sont un peu moins malgré leur forte présence pour l’enquête, on ressent de l’empathie pour eux, mais l’attention du lecteur est vraiment basée sur Jenna.

Clare Mackintosh construit une intrigue forte et ce jusqu’à la dernière ligne du roman.
Une construction pas courante pour un thriller, mais le lecteur se laisse prendre au jeu et la, les surprises, n’en est, n’en sont, que meilleures.

Un rythme qui ne vous laisse aucun indice, vous assistez au début à la reconstruction après un deuil, quel est le deuil le plus difficile à surmonter que celui d’un enfant ?
La seconde partie parle d’un autre thème, une seconde partie très addictive et où mes pulsations cardiaques s’accéléraient.
La peur au ventre j’ai tourné les pages voulant découvrir toute la vérité sans jamais me douter un seul instant du final. Je me suis pris un de ces uppercuts !

L’auteure joue avec vos nerfs, de la tristesse puis une lueur d’espoir pour replonger en horreur de plus en plus avec une lumière au bout du tunnel, mais...

Vraiment, j’ai trop peur de vous en dire trop, il faut lire ce thriller, je suis passée par toutes les émotions, tristesse, révolte, colère, nausée, peur, larmes.


Ce n’est pas un thriller gore, mais psychologique.

Te laisser partir de Clare Mackintosh - Thriller psychologique, littérature américaine - 512 pages, 8.10€ - Édition Pocket - Paru le 22 mars 2017
jeudi 17 août 2017

[avis] Une histoire de loups de Emily Fridlund



Un des titres de la rentrée littéraire qui fera sans nul doute parler de lui, en bien ou en mal. 
Je pense que c’est typiquement le genre de roman qu’on adore ou qu’on déteste. 
Pour ma part, je fais partie de la première catégorie.

Nous suivons Madeline, elle vit avec son père et sa mère dans un chalet à flanc de montagne du Minnesota. 
Ils habitent très reculés, vivants presque en autarcie, Madeline va à l’école, mais est rejetée par ses camarades de jeux, elle passe son temps dans les montagnes avec ses chiens.
Un jour, une nouvelle construction commence sur le terrain à proximité du chalet familial, Madeline sera très intriguée par cette nouvelle famille et passera son temps à les espionner avec ses jumelles jusqu’au moment de pouvoir les rencontrer.
Elle deviendra ensuite la nounou de Paul, 4 ans le fils de Léo et Patra.

Si vous cherchez de l’action ou des rebondissements je peux vous dire que vous serez déçu, l’auteure choisit de nous raconter l’histoire en faisant des bons dans le futur nous préparant donc à ce qui va se passer.
Point de surprise quant aux rebondissements, mais beaucoup de poésie dans les descriptions de ces montagnes du Minnesota en plein hiver ou au cours des différentes saisons.

L’ambiance est pleine de mystère, c’est Madeline la narratrice, mais Emily Fridlund choisit de laisser planer le doute, même si avec ce choix de sauts dans le futur au cours de la narration, on sait plus ou moins ce qu’il va arriver, il reste quand même beaucoup de non-dits.
Choix, qui pour ma part ne m’a pas paru étrange, au contraire j’ai vraiment apprécié cette lecture au cœur même de la nature.

Comme si ces forêts où Madeline aime tant se promener, ce lac où elle aime faire du canoë, les animaux qu’elle connaît par cœur cachaient à eux tous les secrets des habitants de la vallée. 
Secrets que j’avais envie de découvrir. 
Hormis Madeline, Patra, Leo, Paul, d’autres protagonistes interviennent comme Lily, leur professeur d’histoire, les parents de Madeline mais ils ne sont pas travaillés comme les personnages principaux, comme s’ils étaient uniquement présents pour que l’on comprenne Madeline.

Je peux juste vous révéler qu’il est question de secte ou de mouvements sectaires, de courant de pensée, de philosophie avec au milieu de tout cela des drames autour de l’enfance.

Ce roman est avant tout un roman de sensation, basé sur la psychologie de la narratrice, Madeline et sur la nature environnante.
C’est sur cette narration, ce personnage, l’ambiance distillée au cours du roman que les avis pourraient diverger. 
Madeline soit on l’aimera pour son étrangeté ou l’on ne la détestera.
Je ne peux pas dire que j’ai été surprise, j’ai adoré suivre cet étrange personnage que l’on ne rencontre pas souvent dans la littérature et que je n’oublierai pas.

L’écriture de l’auteure m’a fait penser à David Vann que j’adore, uniquement dans sa manière de décrire les lieux, les personnages avec facilité et la poésie dégagée par les mots dans cette atmosphère montagneuse que j’ai vraiment appréciée.


Une histoire des loups de Emily Fridlund - roman noir, nature writing, rentrée littéraire, littérature américaine - 304 pages, 22,40€ - Édition Gallmeister - Sortie le 17 août 2017
mercredi 16 août 2017

[avis] Encore Vivant de Pierre Souchon




Je ne savais pas en commençant ce livre que c’était une autobiographie, comme d’habitude je n’ai pas lu la 4e de couverture en le commençant.

C’est un roman qui m’a beaucoup touché, un homme, Pierre Souchon, journaliste vous raconte sa bipolarité.

Le début du roman commence sur une crise, l’homme voit le mal partout et se réfugie sur une statue.
De là, c’est l’internement.

Il nous raconte avec force, lucidité, parfois avec humour, mais aussi sans mâcher ses mots ce qu’il vit depuis son adolescence.

Il dénonce la médecine à 2 vitesses, la société actuelle tellement individualiste, qui condamne sans chercher à d’abord comprendre l’autre.
Les crises maniaco-dépressives qui lui sont arrivées, la façon dont il a été soigné ou pas soigné du tout.

On lit les dialogues avec son père, dialogues pleins d’amour entre les 2 hommes, il raconte la campagne, son Ardèche natale et les difficultés des exploitants aujourd’hui.
Il raconte les autres malades qu’ils croisent, le regard que porte la société sur ces gens, sur lui.
Les erreurs de diagnostic ou les médecins qui soignent en ayant perdu leur humanité, car c’est ce qu’il réclame lui, de l’humanité, pour lui, pour tous.

Avec beaucoup de force et de courage il se met totalement à nu vous narrant sa dernière descente aux enfers et tout ce qu’il a perdu, son travail, son épouse Garance qu’il aime tellement.
Les traitements qu’il prend et qui lui font perdre ou oublier ce qu’il a pu faire la veille.

Un très beau témoignage à lire, durs à certains moments, on souffre avec cet homme brillant qui a tellement à dire, mais qu’on écoute plus forcément.
On veut aller jusqu’au bout du livre pour comprendre, pour le comprendre, pour les comprendre.

Je ne peux vous en dire plus si ce n’est que dans ce livre vous lirez bien sûr ce que c’est qu’être bipolaire, mais aussi les hôpitaux psychiatriques, ce que c’est d’être rejeté par la société, les différentes phases, les autres malades aussi, tous très touchants.

Beaucoup d’humanité ressort de ce roman. 

Encore vivant car oui je pense qu'il aurait pu mourir plus d'une fois, encore vivant car oui il a toujours droits à la parole, ils ont toujours droit à la parole, c'est ce que moi j'en déduis à la fin de ma lecture.

Un avis plus court mais je peux difficilement vous en dire plus. 

Encore vivant de Pierre Souchon - Autobiographie - Rentrée littéraire - 256 pages, 19.80€ - Édition Du Rouergue - Parution le 16 août 2017 
mardi 15 août 2017

[Avis] Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie de Virginie Grimaldi



Quels mots sur vais-je bien pouvoir dire ce magnifique roman ?

Je n’ai jamais autant ri et pleuré à la lecture d’un roman et parfois les 2 en même temps.
J’ai les yeux rouges, mais le smile.
J’ai envie de serrer l’auteure dans mes bras pour la remercier d’avoir écrit un récit qui parle si bien de nous les mamans, qui nous rappelle qu’avant d’être maman on a été fille, on est aussi et surtout femme, que vouloir être parfaite c’est bien, mais qu’on passe à côté de beaux moments, que vouloir tout contrôler ce n’est pas mal comme concept pour ne pas souffrir, mais que lâcher prise c’est très bien, c’est très très bien même.
Elle nous rappelle que nos mamans, nos grand-mères ont été elles aussi filles et femmes.
Que de souvenirs sont remontés à la surface à la lecture de ce livre. Un livre qui m’a fait réfléchir sur ma vie.

L’histoire pourrait apparaître comme déjà maintes fois exploitées, dans un sens c’est vrai, l’histoire d’une séparation, mais c’est bien plus profond que cela.

Ben quitte Pauline.
Pauline ne peut l’accepter, elle l’aime, c’est son âme sœur.
Autour de Pauline il y a sa famille, ses parents, son frère, sa sœur, ses grand-mères et son fils bien sûr Jules.
Pauline décide d’écrire un souvenir par jour de leur couple à Ben jusqu’à la fin des vacances, toute la famille de Pauline s’est réunie dans une villa à Arcachon.
À son tour Ben lui aussi lui écrit des souvenirs.
La lecture suit les vacances de la famille et fait connaissance de tout ce petit monde.

C’est le second thème de ce roman, la famille que l’on croit si bien connaître et qu’on finit par (re) découvrir.
Des êtres humains tout simplement avec leurs failles, leurs caractères, les critiques ou regrets que l’on tait pour ne pas blesser et qui font pire que mieux.

Les échanges de Pauline avec Jules sont fabuleux, l’insouciance de l’enfance, les peurs de la maman.
Tout comme les échanges entre Pauline et sa mère qui m’ont vraiment, mais vraiment émue.
Un autre personnage bien atypique que j’ai adoré c’est Colombe, une des 2 grand-mères.
J’ai aimé en fait chacun des protagonistes de ce roman. 
Chacun avec leur caractère bien développé, chacun incroyablement vrai.

Si l’émotion est au rendez-vous l’espoir est ce qui ressort de ce livre, le titre prend vraiment tout son sens à la fin du livre.

Ce qui pourrait passer pour une lecture légère pour l’été est en fait une lecture bien plus profonde que cela, les thèmes abordés avec énormément de justesse et de pudeur sont puissants.
Virginie Grimaldi vous narre en simplicité ce qu’est la vie dans toute sa complexité tout en jouant sur les mots, en apportant beaucoup d’humour, mais aussi énormément d’amour.
J’ai lu le livre d’une femme qui s’adresse à toutes les femmes, à toutes les mères.

Le rythme du récit est haletant on ne peut s’empêcher de tourner les pages, les chapitres courts et les lettres de Pauline à Ben enlèvent toute monotonie, les dialogues succulents, qui m’ont soit fait exploser de rire ou verser les larmes y sont pour beaucoup dans l’attachement que j’ai pour ce roman.
Ce n’est pas donné à tout le monde de raconter la vie avec ses hauts et ses bas, avec justesse, humour et émotion, parfois le tout sur une même page sans jamais tomber dans la surenchère.

Je découvre l’écriture de Virginie Grimaldi avec ce roman je vais m’empresser d’aller chercher ses 2 autres livres.

Si j’avais su que c’était une telle pépite il y aurait longtemps que je l’aurais lu !


L’auteure a trouvé le chemin de mon cœur ce n’est pas donné a beaucoup de monde.

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie de Virginie Grimaldi - Roman contemporain - littérature française - 464 pages, 19€ - Edition Fayard, le 3 mai 2017
lundi 14 août 2017

[avis] L'enfant du lac de Kate Morton


Kate Morton est une auteure australienne que j’aime, j’ai lu chacun de ses romans à part la scène des souvenirs, elle confirme, avec L’enfant du lac, l’opinion que je m’étais forgée, elle a ce formidable don de conteuse, malgré les 739 pages (de l’édition poche parue chez Pocket, comme ses autres romans d’ailleurs) vous êtes entraînés dans son histoire.
Même si celui-ci n’est pas mon préféré, à cause d’un début assez lent, passé les 200 pages le récit devient captivant.

Le roman se déroule sur 2 époques, dans un premier temps en 1933 avec la disparition de Théo, un bébé de 11 mois dont l’enquête n’a jamais été résolue ; dans un second temps en 2003 avec l’inspectrice londonienne Sadie, en repos forcé, à cause d’une bévue commise lors d’une enquête, elle est partie chez son grand-père en Cornouailles.
Le lien entre les 2 époques est la région et plus particulièrement ce manoir, cette maison de Loeanneth, domaine familial du petit Théo, lieu même de sa disparition un soir de bal du solstice.
Sadie apprend que le domaine qu’elle a trouvé par hasard lors d’une des promenades matinales a été le lieu d’une disparition, elle décide alors de reprendre « l’enquête » même si elle n’est pas officielle.

La disparition de Théo et l’enquête de Sadie ne sont pas la seule intrigue que Kate Morton exploite, chacun des membres de la famille du petit Théo est fouillé, exploré dans les moindres détails ainsi que Sadie. Tous cachent des secrets.
L’intrigue principale vous tient en haleine, il vous faudra beaucoup de patience pour avoir le fin mot de cette histoire, car l’auteure vous mène par le bout du nez, vous entraînant sur de fausses pistes, vous faisant croire dur comme fer à une seule possibilité et quand les 700 pages arrivent et avec elles la résolution de l’énigme vous êtes soufflés, rien ne m’avait mis la puce à l’oreille. Je suis tombée des nues.

Les fréquents changements de temps donnent un rythme au récit, vous empêche de trouver le temps long (même si je l’ai pensé au début) vous êtes en 1930 dans cette maison de Loeanneth avec Alice, une gamine voulant devenir écrivain, ses 2 sœurs Déborah et Clemence, leur mère Eleanore, le père Anthony, la grand-mère acariâtre, Constance et l’ami de la famille Mr Llewellyn, un auteur pour enfant.
Kate Morton s’attache à vous présenter chacun des protagonistes du roman, leurs passés, leurs pensées, leurs aspirations, etc.
Ainsi vous basculez en 1911 lors de la première Guerre mondiale ou Anthony a été appelé sous le drapeau, en 1941 lors de la Seconde Guerre mondiale, vous connaîtrez le détail du cette maison de Loeanneth qui je trouve est elle-même un personnage à part entière, théâtre de tant de secrets qu’elle a gardés.
Ces fréquents changements de temps ne perturbent pas le lecteur même si c’est en plein milieu d’un chapitre, car vous faites attention à chaque détail, essayant de débusquer chaque pièce du puzzle permettant de savoir ce qui est arrivé à Théo.

Quand Sadie reprend l’enquête en 2003 vous faites connaissance d’une autre série de personnages, Sadie bien sûr, son grand-père, Bertie, Peter le secrétaire particulier de la célèbre romancière A.C. Edvane, Alastair le dévoué bibliothécaire qui aidera Sadie dans ses recherches, Clive le policier retraité qui a enquêté en 1933.
Ces protagonistes contemporains ont eux aussi des blessures, des secrets, des aspirations, des buts à atteindre.

Comme c’est frustrant de ne rien pouvoir, vous révèler sur le fil conducteur de l’enquête de la disparition de Théo, tous les protagonistes et les lieux tournent auprès de cette énigme, Kate Morton développe une vraie toile d’araignée dense autour de ce fil rouge.
L’auteure aborde nombre de sujets importants, très émouvants au gré de la connaissance que nous faisions avec tel ou tel protagonistes.
J’ai été émue, j’ai été en colère, j’ai détesté certain personnage pour finir par les comprendre, d’autres non je les ai détestés du début à la fin.
Mon cœur de maman s’est serré plus d’une fois.

Pendant les 700 et plus des pages du roman vous êtes totalement déconnectés de ce qu’il se passe autour de vous pour être plongé dans ce jardin magnifique et mystérieux du manoir familial, l’auteure vous décrit avec brio les Cornouailles, comme je vous le disais elle confirme le talent qui fait que j’aime la lire, il s’agit toujours de secrets de familles et de sagas familiales, mais ici il y en a en plus le côté policier, la quête de Sadie bien sûr, mais aussi l’affaire pour laquelle elle a été écartée de la police, vous retrouverez aussi la romance présente dans ses autres récits, mais qui n’est pas du tout mise au premier plan.

Le livre est rempli de mystères, de charmes, d’énigmes qu’on voudrait pouvoir résoudre autant pour les protagonistes que pour nous.
Kate Morton expliquera chacun de ses mystères, chacun des non-dits avec habilité et efficacité.
Ils sont disséminés à travers le roman, les rebondissements sont nombreux ce qui fait que l’on ne s’ennuie pas et que le suspens monte, car l’intrigue principale, elle, reste irrésolue.

La fin est belle, même si certains pourraient la trouver trop parfaite, j’ai aimé la conclusion autant en 2003 qu’à l’époque des faits.


Un livre qui plaira aux amateurs de mystères, de secrets de famille et d’enquêtes policières avec l’enfance comme point d’ancrage.

L'enfant du lac de Kate Morton - Édition Pocket - Roman contemporain/historique - 744 pages, 8.50€ - Paru le 4 mai 2017 (édition poche) 
vendredi 11 août 2017

[Avis] La plage de la mariée de Clarisse Sabard


Clarisse je l’ai d’abord connue comme blogueuse, une femme que j’adore, une battante, j’ai terminé la plage de la mariée Zoé m’a fait penser à toi, sa force de caractère, son humour et son amour pour les robes des années 50.

La vie de Zoé bascule du jour au lendemain quand ses parents décèdent tous les 2 lors d’un accident de moto, sur son lit de mort la mère de Zoé lui révèle que celui qu’elle a toujours appelé papa n’est en réalité pas son père biologique, sa mère lui demande de le retrouver, le seul indice dont dispose Zoé c’est « la plage de la mariée ».
Zoé décide alors de prendre sa vie en main, elle quitte Nice et ses meilleurs amis, Maxime et Elsa, pour se rendre à Saoz.
À peine arrivée, un peu par hasard, elle entre dans une cupcakerie où Alice, la patronne, lui propose sur un malentendu de l’engager pour l’aider à servir les clients.
Contre toute attente, Zoé accepte après tout elle est là pour retrouver la trace de son père biologique, elle a besoin de travailler et de trouver un logement pour le temps des recherches sur ses racines.

Autant le dire de suite tout le petit monde qui fréquente la cupackerie d’Alice m’a charmée, ils me manquent tous, j’ai l’impression de laisser des amis en refermant le roman.
Gérard, Alice, Betty, Capucine, Gael, Quentin, Evan, Nicolas, Georges, Jérémie, Anita, Mavrick, Mous, Hamza, Hubert.
Clarisse prend le temps de dérouler le mystère qui entoure les racines de Zoé autour de cette cupcakerie, Zoé en débarquant à Plougarmor est loin de se douter qu’elle va se construire une famille non pas de sang, mais une belle et grande famille d’amis, des amitiés sincères et fortes.
Le début du roman a une petite touche fantastique avec cette légende de « la plage de la mariée » ensuite l’auteure vous emmène dans son intrigue, Zoé cherche son père, elle retrouve des amis de se mère et même plus, on l’accompagne de découverte en découverte, le suspens est maintenu tout au long du roman. Un véritable page-Turner, un roman feeling-good comme je les aime.
À côté de cette quête d’identité, il y a tout le petit monde qui entoure Zoé, chacun avec ses failles, ses espoirs et ses attentes.
Clarisse Sabard développe toute une série de sujets, tous intéressants autour de notre héroïne. Une héroïne qui m’a fait penser à Bridget Jones, et ce n’est absolument pas péjoratif, son humour, ses doutes quant à l’amour à son âge, ses troubles devant le beau Nicholas, son envie d’aider les autres quitte à se mêler de leur vie.
J’ai adoré le duo père et fille que forme Gael et Capucine, j’ai adoré l’humour pince-sans-rire de Gégé, Gérard, l’espièglerie de Betty, le bon cœur de Mous et Hamza, Jérémie et Anita, etc.
L’auteure nous parle de l’amour filial, mais aussi de l’amour entre hommes et femmes, de la seconde chance, de l’homosexualité, le deuil, le poids des secrets et des mensonges même s’ils ont été commis pour protéger quelqu’un, nous montre de ne pas se fier à la première apparence, des accidents de la vie, des regrets ou des remords.
Zoé est à la fois forte, elle affronte les soucis et secrets de famille à bras le corps et est une incorrigible romantique même si elle s’en défend.
En plus de l’intrigue j’ai adoré découvrir la Bretagne grâce aux descriptions des paysages et des plats typiques (j’ai eu l’eau à la bouche plusieurs fois), j’ai entendu les vagues s’éclater contre les rochers, j’avais l’impression de voir ces petites maisons de pêcheurs toutes colorées, de sentir les embruns, de voir la marrée montante.

J’ai vraiment adoré chaque moment passé dans la cupcakerie ou dans les bruyères ou encore à la plage, des sujets forts traités avec justesse, délicatesse et en même temps avec beaucoup de fraîcheur et d’humour par le biais de cette galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres.

La plume de l’auteure est maîtrisée, belle, rafraîchissante, j’ai adoré lire les pensées de Zoé mise en italique, j’ai ri à plusieurs moments. Tout comme j’ai énormément ri à cette partie de Loto.

J’ai été émue quand Zoé apprend toute la vérité, je m’étais doutée d’une chose, mais pas de l’entièreté. 
On élabore quantité de scénarios, on doute de chacun des habitants surtout que plusieurs d’entre eux ont l’air d’en savoir beaucoup plus qu’ils ne veulent le prétendre, j’ai été bluffée, car Clarisse m’a mené sur plusieurs mauvaises pistes, à chaque fois je me disais ça y est on va savoir eh bien non, il vous faudra attendre la fin du livre pour avoir enfin toute la vérité, le mystère et le suspens sont constants.

L’épilogue 2 ans après est parfait. J’ai adoré, j’aimerais tant retrouver les protagonistes dans un second tome.
Clarisse, tu as même réussi à m’émouvoir dans tes remerciements.
Il y avait longtemps que je voulais te lire, je l’avoue j’ai peur quand c’est quelqu’un que je connais même si ce n’est que virtuel jusqu’à présent, peur de ne pas aimer et de le dire, car tu le sais je suis toujours honnête dans mes avis, mais là c’est bon, tu m’as complètement charmée.


Saoz et ses habitants vont beaucoup me manquer, je les quitte avec un pincement au cœur. 
Je me console en me disant que j’ai ton premier livre à lire, celui par qui tout a commencé : Les lettres de Rose que je lirai très vite, car j’ai hâte de retrouver ta plume de conteuse, ton écriture toute en finesse cette faculté de traiter de sujets forts en y apportant ta fraîcheur. C’est toi, vraiment.

La plage de la mariée de Clarisse Sabard - roman contemporain, romance - littérature française - 448 pages, 19€ - Édition Charleston - Publié le 17 mars 2017
jeudi 10 août 2017

[avis] Métamorphose, tome 1 : Exorde de Ericka Duflo



J’avais repéré ces livres en librairie, des livres aux couvertures sombres et dont la 4e de couverture ne dévoile rien, je me suis donc laisser le plaisir de la découverte dans chercher d’informations sur le net.

Dans ce tome 1, nous faisons la connaissance de Senna, sa mère est décédée et depuis elle a beaucoup changé. 
Autant niveau comportement que de fréquentations, elle qui était bonne élève cumule les renvois. Lors d’une énième altercation avec son père il ne lui laisse pas le choix, dès le lendemain elle partira dans un pensionnat en Alaska.

Senna est pleine de colère et a des réactions incontrôlables, assez violentes, réaction que l’on pourrait mettre sur le compte du deuil, mais non cela va beaucoup plus loin, l’auteure, Ericka Duflo vous emmène dans un univers Young Adult fantastique.

L’arrivée au pensionnat ne se fait pas dans la facilité pour Senna, même si elle est bien accueillie par la directrice et sa compagne de chambre, Jessie, par contre Reva la peste de l’école l’a déjà dans le collimateur et pire c’est ce garçon, Ian, même s’il est attirant il semble dangereux et dévisage Senna.
De plus, elle a une blessure sur ses omoplates qui la font souffrir et qu’elle n’ose pas montrer tellement c’est laid.

Ericka Duflo laisse planer le doute sur les changements qui s’opèrent en Senna, le suspens est constant, du coup on tourne les pages très vite, on se rend bien compte qu’il se passe des choses anormales, mais quoi l’auteure ne le dit pas clairement. 
J’ai pensé à des vampires, mais non cela va bien plus loin que ça.

L’auteure exploite une mythologie rarement présente du moins dans tous les livres que j’ai lus jusqu’à présent et de plus elle mêle la mythologie grecque ce que j’ai adoré, elle joue entre les mythologies existantes que l’on peut trouver dans les manuels d’histoire ou de conte et légendes en rajoutant sa touche de fantastique, touche de fantastique qu’elle amène au moment et dont les explications sont toutes crédibles.

Les personnages sont bien travaillés, on ne pose des questions sur chacun d’eux, que cela soit l’héroïne principale Senna, mais aussi sa tante qui vient lui rendre de temps en temps visite, Ian qui est tour à tour méchant puis doux.

Ericka Duflo a vraiment créé un univers unique avec des êtres fantastiques que je ne n’avais, pour la plupart, jamais rencontrés, un renouvellement du genre qui est très agréable.

L’écriture est fluide, certains mots peuvent paraître étrange, mais l’auteure étant canadienne cela s’explique et reste tout à fait compréhensible.

Je vous recommande vivement cette saga, un suspens ménagé, des personnages attachants, de l’action et des rebondissements inattendus. 

De l’humour, du mystère, de l’amitié, des moments tristes et d’autres joyeux tout en exploitant les sentiments propres à l’adolescence (jalousie, amitié, etc.)

Je ne vous dirai pas qui est quoi, mais sachez que vous rencontrerez des Driomas, des gardiens blancs, des incubes, des harpies et quantité d’autres êtres fantastiques, bons comme mauvais.
Vous ne saurez rien avant la moitié du livre et encore certains sujets ne sont qu’effleurés l’auteure ménageant encore son suspens pour la suite.

Le premier tome se termine sur un vrai cliff-hanger et pour avoir lu les 3 je peux vous dire que c’est la marque de fabrique de l’auteure, elle a un petit côté « sadique » qui fait qu’on a envie que d’une chose se jeter sur le prochain tome pour enfin savoir.

On pourrait reprocher certaines réactions de Senna mais n’oublions pas qu’elle a 16 ans et que ses comportements, la maturité correspond a l’âge des protagonistes.

C’est vraiment une belle découverte pour moi, c’est dommage que cette saga ne soit pas plus connue que cela.

chronique du tome 2 prévue pour la semaine prochaine :)

Métamorphoses, tome 1 : Exorde de Ericka Duflo - Édition Kennes - 384 pages, 17€ - Young Adult Fantastique - Sorti le 4 mai 2016
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